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Déclaration publique : Colombie ( février 2019)

Le Barreau de l’Ontario gravement préoccupé par les menaces de mort contre l’avocat Daniel Ernesto Prado Albarracín
 
Toronto ON — Le Barreau de l’Ontario est gravement préoccupé par les menaces de mort contre l’avocat Daniel Ernesto Prado Albarracín.
 
Daniel Prado est un avocat de la défense en Colombie avec l’ONG Commission Intercommunautaire Justice et Paix (CIJP). Daniel Prado est depuis longtemps la cible d’agressions à cause de son travail d’avocat pour les victimes de violations des droits de la personne. On a entre autres tiré des coups de feu sur son bureau, fait des tentatives de vol à son bureau et tenté de desserrer les vis des roues de son auto.
 
Il représente des victimes de crimes commis par les « 12 apôtres », un groupe paramilitaire qui auraient commis des crimes contre l’humanité. D’après nos sources, ce groupe serait responsable des meurtres et de la disparition de centaines de personnes.
 
Santiago Uribe Vélez, frère de l’ancien président de Colombie qui est encore sénateur, a été accusé d’avoir cofondé les « 12 apôtres » et il est un « principal suspect dans la cause contre les « 12 apôtres ». À la suite des instances en cours contre Santiago Uribe Vélez, Daniel Prado a fait l’objet d’intimidation grave, dont du harcèlement, des menaces de mort, des déclarations publiques diffamatoires contre lui par des responsables publics de haut rang et il a été suivi par des hommes armés après avoir été à des audiences au tribunal.
 
Le Barreau est profondément préoccupé par les rapports crédibles sur la situation de Daniel Prado et presse la Colombie de respecter ses obligations en vertu du droit international en matière de droits de la personne, et notamment de respecter les Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du barreau et la Déclaration universelle des droits de l’homme.
 
Le principe 16 des Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du barreau prévoit ce qui suit :
 
Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue ; b) puissent voyager et consulter leurs clients librement, dans le pays comme à l’étranger ; et c) ne fassent pas l’objet, ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie.
 
Le principe 17 prévoit ce qui suit :
 
Les avocats ne doivent pas être assimilés à leurs clients ou à la cause de leurs clients du fait de l’exercice de leurs fonctions.
 
De plus, le principe 23 prévoit ce qui suit :
 
Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’homme et d’adhérer à des organisations locales, nationales ou internationales, ou d’en constituer, et d’assister à leurs réunions sans subir de restrictions professionnelles du fait de leurs actes légitimes ou de leur adhésion à une organisation légitime.
 
L’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme prévoit ce qui suit :
 
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
 
L’article 12 prévoit ce qui suit :
 
Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
 
Le Barreau exhorte le gouvernement de Colombie :

  1. à mettre un terme à tous les actes d’intimidation grave, dont le harcèlement, les menaces de mort, les déclarations publiques diffamatoires par des responsables publics de haut rang et aux activités de surveillance contre Daniel Prado et les autres avocats en Colombie ;

  2. à veiller à ce que tous les avocats en Colombie bénéficient de protection adéquate par les autorités pour pouvoir s’acquitter de leurs fonctions et activités professionnelles sans crainte d’intimidation, d’entrave, de violence, de harcèlement, d’ingérence indue, de menace de criminalisation ou de toute autre violation des droits de la personne ;

  3. à veiller à ce que tous les avocats en Colombie puissent s’acquitter de leurs fonctions et activités professionnelles sans crainte de représailles, de violence physique ou de toute autre violation des droits de la personne ;

  4. à veiller à ce que tous les avocats soient libres d’interférence arbitraire dans leur vie privée, leur famille, leur domicile ou leur correspondance, et ne fassent pas l’objet d’attaques contre leur honneur et leur réputation ;

  5. à veiller en toutes circonstances au respect des libertés et droits fondamentaux de la personne conformément aux normes internationales en matière de droits de la personne et aux instruments internationaux.