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Les médias sociaux

Le présent document est une transcription d'un balado sur l'utilisation des médias sociaux dans une pratique juridique.

Les animateurs :   PB : Phil Brown, DW : David Whelan

 PB : Bonjour, ici Phil Brown. Je suis en compagnie de David Whelan et aujourd'hui nous allons parler des médias sociaux. J'imagine que nous devrions commencer par définir ce que sont les médias sociaux?

 DW : C'est une drôle de catégorie. Je crois que certaines personnes penseront immédiatement à Twitter et à Facebook et que certaines personnes de la vieille école penseront à My Space, mais c’est une catégorie beaucoup plus large qui englobe également des plates-formes comme les blogues.

 PB : Et, de toute évidence, ce n'est pas seulement pour les avocats. C'est un phénomène mondial.

DW : Absolument. Les journalistes et les médecins sont également sur les médias sociaux. Tout le monde est sur les médias sociaux.

PB : Et, j'imagine que certaines choses dont on entend parler davantage dans les nouvelles ont trait à des incidents où des jurés ont envoyé des microblogues ou des gazouillis alors qu'ils étaient en salle d'audience et ont parlé de ce qui se passait lors des délibérations du jury. En fait, il y a eu de tels incidents récemment.

DW : Effectivement. Entre autres, il y a eu un incident sur Twitter hier : un journal satirique a envoyé un gazouillis indiquant qu’un incident était en cours et le service de police de cette région est intervenu, croyant qu'il y avait réellement une urgence.

PB : D'accord. Parlons donc de certains médias sociaux. L'un des aspects des médias sociaux est que les gens peuvent transmettre leur message sans qu'il soit filtré par qui que ce soit.

DW : Exactement. Et, je crois que, le type de réseau social que vous choisissez d’utiliser doit correspondre tant à la façon dont vous voulez communiquer avec vos clients ou d'autres personnes qu’à la façon dont ce public est prêt à communiquer avec vous. C'est une facette importante, à mon avis, car il existe plusieurs façons dont vous pouvez faire la promotion de votre pratique ou de vos activités et sensibiliser les gens sans nécessairement parler de vous‑même, mais en parlant plutôt de choses qui pourraient intéresser votre public. Lorsque vous commencez à réfléchir à la direction que vous voulez prendre, cela vous aidera à déterminer quelle technologie ou quels types de médias sociaux vous voulez utiliser.

PB : Et c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles les médias sociaux sont des plates‑formes intéressantes pour les avocats et les parajuristes, soit la possibilité de promouvoir leur pratique, de communiquer avec des clients, etc.

DW : Effectivement. Et, nous parlions ensemble de ces sujets avant et l'un des aspects que nous avons soulevés est le temps nécessaire pour faire ce type de choses et la question de savoir s'il y a des technologies ou des types de médias qui sont plus appropriés et j'ai mentionné Facebook à titre d'exemple un peu plus tôt. Facebook est utile parce que plusieurs personnes ont de l'expérience avec cette plate-forme dans leur vie personnelle. Donc, si vous l'utilisez pour vos activités professionnelles, cela peut vous éviter d’avoir à apprendre une nouvelle technologie et vous permettre d’utiliser une plate-forme que vous connaissez déjà.

PB : Plusieurs cabinets ont créé une page Facebook pour leur cabinet, qu'il s’agisse de praticiens exerçant seuls ou de grands cabinets, et je voulais simplement mentionner que l'un des dangers potentiels à cet égard est la protection de la confidentialité des renseignements des clients. Et, bien sûr, cela a été dit à quelques reprises, il n'est jamais recommandé de devenir « ami » avec vos clients, car tout le monde peut voir qui sont vos amis.

DW : Exactement. Cela peut être très délicat et, même s'il est plus facile pour vous d'utiliser Facebook parce que vous l'utilisez déjà dans votre vie personnelle, il est important de réaliser qu'il peut être difficile de faire une distinction entre votre Facebook personnel et votre Facebook professionnel.

PB : Effectivement. Une autre plate-forme que les gens envisagent, ou que plusieurs avocats utilisent, est le blogage. Tu pourrais peut-être donner un aperçu de ce qu'est un blogue ou le blogage.

DW : Le blogage est une forme plus longue d'écriture en ligne. C'est un peu comme un article. C'est une forme d'écriture un peu moins formelle qui comprend souvent des liens vers d'autres sources d'information sur le Web. Il peut s'agir d'un article d'opinion ou tout simplement d'un conseil ou de renseignements pratiques, mais, habituellement, c'est quelque chose qui se rapporte aux champs d'intérêt de l'auteur ou au public de l'auteur.

PB : Il y a donc beaucoup de gens qui écrivent des blogues personnels sur ce qu'ils ont fait ce jour-là ou sur les restaurants dans lesquels ils ont mangé. Cependant, je suppose que l'idée pour un avocat serait d'utiliser un blogue comme un genre de bulletin qui parle des types de cas qu'ils prennent en charge ou offre des articles qui pourraient intéresser leurs clients, etc.

DW : Effectivement. Et je crois que c'est une excellente occasion d'utiliser les renseignements que vous avez trouvés ou de parler de choses qui sont importantes pour vous et de les partager avec ce public potentiel. Les meilleurs blogues incitent les gens qui les visitent à interagir avec eux en leur demandant de laisser des commentaires et de contribuer, soit d'avoir une conversation asynchrone avec vous. Par conséquent, lorsque vous avez publié votre article ou votre billet sur votre blogue, les gens peuvent ensuite interagir avec ce billet en fournissant de l'information dans leurs commentaires qui pourrait également vous intéresser.

PB : Mais ça peut également devenir une boîte de Pandore. Cependant, à part la possibilité que certaines personnes vous laissent des commentaires déplaisants ou auxquels vous ne vous attendiez pas, les gens peuvent également fournir des liens vers votre blogue et le disséminer à des endroits auxquels vous n'auriez jamais pensé.

DW : Effectivement. Le blogage peut être vraiment utile. C'est probablement le média social qui demande le plus de temps, mais, si vous l'utilisez adéquatement et que vous écrivez sur un sujet qui vous passionne, cela peut être relativement facile. Et si vous publiez un billet toutes les semaines ou toutes les deux semaines et que votre public continue de réagir selon ce calendrier ou ce nombre de billets pendant une certaine période, c'est une excellente façon d'interagir avec ces personnes.

PB : Et, bien sûr, vous pouvez recueillir des statistiques si vous utilisez Wordpress ou Blogger ou un autre service de ce genre. Vous pouvez également recueillir des statistiques sur le nombre de personnes qui visitent votre blogue, sur l'heure à laquelle les gens visitent votre blogue, etc.

DW : C’est ça. L'avantage d'utiliser un blogue pour ce type de promotion ou pour remplacer  votre bulletin est que cela vous permet non seulement d'éliminer les coûts associés à l'envoi par la poste de bulletins aux personnes que vous connaissez, mais également de joindre des gens que vous ne connaissez pas, mais qui s'intéressent au sujet sur lequel vous écrivez ou à vos services.

PB : Aussi, je crois qu'il faudrait souligner quelques points ici pour les avocats et les parajuristes. Tout d'abord, ce que vous publiez sur Internet ne disparaît jamais. Ensuite, vous devez veiller à ne fournir aucun conseil juridique. Envisagez d'afficher un avertissement sur votre blogue pour clarifier que l’information fournie ne représente que vos opinions.

DW : Maintenant, que penses-tu de Twitter, Phil?

PB : J'aime Twitter, je l'utilise beaucoup. Twitter est un service de microblogage. En tout cas, c'est de cette façon qu'on le décrit. Vos messages ne peuvent contenir plus de 140 caractères. Vous pouvez l'utiliser pour aborder divers sujets et je connais plusieurs avocats, du moins à Toronto, qui utilisent Twitter pour mentionner qu'ils seront à un palais de justice en particulier pour une audience de mise en liberté sous caution ou qu'une de leurs affaires sera mentionnée dans le journal. C'est de plus en plus populaire parmi les avocats, probablement parce qu'il est possible d'en dire long avec peu de caractères.

DW : Effectivement. Et je crois que c'est un exemple qui illustre bien que les avocats doivent décider comment ils veulent interagir, car Twitter est un outil d'information dont le rythme est rapide. Cela est excellent si vous souhaitez envoyer des messages à des gens, à un public que vous savez que vous allez joindre. Cependant, puisque Twitter est un environnement qui bouge rapidement et que les gens partagent des liens, vous pouvez partager un lien vers votre blogue, par exemple, et un message sur Twitter afin que les gens puissent ensuite suivre le lien pour lire le billet sur votre blogue. Toutefois, la durée de vie de ce lien est très courte. Un sondage récemment effectué a révélé que la durée de vie des liens sur Twitter est d'environ trois heures. Par conséquent, les personnes qui ne vous suivent pas déjà sur Twitter ou qui ne surveillent pas vos messages pourraient manquer ce lien que vous avez publié. Donc, si votre objectif est de promouvoir vos services à plus long terme, Facebook ou un blogue ou un profil LinkedIn ou du réseautage professionnel seraient possiblement une meilleure option.

PB : Effectivement. J'aimerais également faire une petite mise en garde à ce point-ci en ce qui concerne Twitter : puisque c'est une plate-forme si immédiate et qui ne nécessite pas nécessairement d’investir deux ou trois heures pour rédiger un billet de blogue qui serait plus long et possiblement plus réfléchi, souvent, les gens peuvent oublier certains enjeux comme la confidentialité et la protection de la vie privée et divulguer les noms de certains clients et d'autres renseignements, car ils sont excités au sujet d'une affaire récente ou d'une comparution, et publient des messages sans obtenir les permissions requises auprès des clients avant de divulguer des renseignements confidentiels.

DW : Et, ces services de microblogage sont encore nouveaux. Par exemple, il y a seulement quelques années de messages Twitter dans lesquels on peut faire des recherches. Il semble parfois que les messages publiés sur Twitter disparaissent de Twitter.com, car on ne peut plus les trouver après un certain temps. Cependant, je crois qu'il faut réaliser que tous ces messages Twitter sont stockés quelque part et que, un jour, même s'ils ne sont plus accessibles aujourd'hui, il pourrait être possible de faire des recherches pour trouver d'anciens messages que vous ne voudrez pas partager avec les gens.

PB : Et, une dernière mise en garde à ajouter est que, mis à part le fait qu'Internet ne disparaîtra jamais, il y a la question du professionnalisme. Vous demeurez avocat(e) ou parajuriste – vous ne pouvez jamais enlever ce chapeau. Donc, peu importe les renseignements que vous disséminez au moyen d'un blogue, d'un compte Twitter ou d'une page Facebook, vous demeurez responsable de ce contenu et de vos actions.

DW : Effectivement. Dans cette optique, il est bon de traiter Twitter et les autres plates-formes semblables de la même façon que vos courriels, soit ne jamais envoyer un message à moins que vous soyez absolument certain(e) que vous voulez envoyer ce que vous avez indiqué dans ce message. Même si vous n'envoyez pas un message à personne en particulier, vous devez, tout comme vous le faites avec vos courriels, éviter de vous emporter. C'est encore plus facile avec Twitter, car vous avez le bouton « Répondre » et vous pouvez publier quelque chose et le regretter presque instantanément, mais votre message a déjà été transmis à un énorme public.

PB : Absolument. Merci.

DW : Merci, Phil.