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Poursuivons la conversation et l’action sur la santé mentale des professionnels du droit

Poursuivons la conversation et l’action sur la santé mentale des professionnels du droit

Par: Teresa Donnelly, trésorière | 27 avril 2022

par Teresa Donnelly et Beth Beattie

Au printemps 2021, la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada lançait l’Étude nationale sur le bienêtre, l’étude la plus exhaustive sur la santé mentale des professionnels du droit menée au Canada1. En Ontario, le Barreau, des organisations juridiques et des avocats et parajuristes individuels militent pour des professions juridiques qui favorisent la santé mentale des professionnels du droit. Pourquoi la santé mentale des avocats, des parajuristes et des étudiants est-elle importante?

Elle est importante sur plusieurs aspects — individuel et collectif, personnel et professionnel.

Les problèmes de santé mentale et de dépendance se comptent en grands nombres dans la population canadienne générale. De plus en plus de données indiquent que les professionnels du droit courent un risque encore plus élevé que le reste de la population d’éprouver des difficultés professionnelles et personnelles, ainsi que des problèmes de santé mentale et de dépendance2.
 
La santé mentale dans les professions juridiques doit être abordée de manière générale. Un avocat ou un parajuriste qui n’est pas atteint d’une maladie mentale ou d’un problème de dépendance, mais qui est confronté au décès d’un être cher, à une séparation, à la prise en charge d’un enfant malade ou d’un parent vieillissant ou à d’autres problèmes, peut constater que sa capacité à faire son travail est affectée. Les évènements majeurs de la vie peuvent faire perdre le cap à n’importe qui. Les avocats et les parajuristes doivent en être conscients, pour eux-mêmes et pour leurs collègues.
 
La culture dans laquelle nous pratiquons le droit peut contribuer à des problèmes de santé mentale. Le droit est une profession exigeante, rapide et compétitive, qu’il s’agisse des attentes que nous nous imposons à nous-mêmes ou de celles imposées par les autres. On peut avoir l’impression qu’il faut à la fois résoudre tous les problèmes, atteindre les objectifs en matière d’heures facturables, consacrer le temps nécessaire au développement de la clientèle et entreprendre des analyses juridiques complexes, tout en servant parfois des clients difficiles et en étant même exposés à des traumatismes indirects. À ce paysage juridique difficile s’ajoutent le stress de la pandémie mondiale et les pressions supplémentaires imposées par la technologie, la mondialisation, la concurrence d’autres secteurs, la spécialisation et le rythme effréné des changements.
 
Dans des circonstances extrêmes, si un avocat ou un parajuriste n’est pas en bonne santé et ne reçoit pas un soutien ou un traitement adéquat, il peut être incapable de mobiliser les compétences nécessaires pour bien servir ses clients, gérer son cabinet ou s’acquitter de charges importantes dans le système judiciaire. Cela pourrait avoir des répercussions négatives sur le client, les collègues, l’employeur, les employés, le Barreau en tant qu’ordre professionnel et la perception des professions juridiques par le public.
 
Il est dans l’intérêt du public que les avocats et les parajuristes se portent suffisamment bien pour respecter leurs obligations professionnelles envers leurs clients. Nous devons engager un dialogue ouvert, franc et constructif sur la santé mentale des avocats, des parajuristes et des étudiants afin de réduire la stigmatisation associée à la divulgation de l’expérience vécue, de comprendre les soutiens disponibles et de chercher de l’aide au besoin.
 
Semaine de la santé mentale
Du 2 au 8 mai, c’est la Semaine de la santé mentale, organisée par l’Association canadienne pour la santé mentale. La campagne de cette année nous met au défi de #ParlerPourVrai des façons d’aider les personnes qui éprouvent des problèmes de santé mentale. Par le biais de plusieurs articles utiles, la campagne propose une trousse d’outils pour apprendre à faire une pause, à écouter pour comprendre et à utiliser le pouvoir de l’empathie pour soutenir les personnes dans le besoin.

Mental Health Week 2022 Graphic

Sommet sur la santé mentale pour les professionnels du droit
Ensemble, pendant la Semaine de la santé mentale, nous présiderons le deuxième Sommet du Barreau sur la santé mentale pour les professionnels du droit. Le programme se déroulera de 9 h à 13 h le mardi 3 mai et est agréé pour quatre heures de professionnalisme en EDI. Le Sommet sera présenté avec un service d’interprétation simultanée en français.

L’allocution d’ouverture sera prononcée par l’honorable Clément Gascon, juge retraité de la Cour suprême du Canada. Il représente un modèle, un leader et une source d’inspiration pour les professionnels du droit pour avoir partagé son expérience vécue, notamment ses luttes contre le perfectionnisme, l’anxiété et la dépression en tant qu’avocat et juge. Par la suite, les panélistes parleront de leurs propres expériences en matière de santé mentale, de soutien aux collègues, du pouvoir du soutien par les pairs et de la pratique différente du droit — conçue pour la santé mentale. L’intégration des préoccupations relatives à la santé mentale dans la conception de la pratique du droit nous encourage à remettre en question le système et les attentes existants et à préconiser les changements systémiques et structurels nécessaires pour que les avocats et les parajuristes puissent poursuivre en bonne santé leur important travail au sein du système judiciaire.

Mental Health Summit for Legal Professionals 2022

Lors du Sommet 2021 sur la santé mentale pour les professionnels du droit, le juge en chef de l’Ontario a raconté dans un discours puissant et profondément personnel comment il avait grandi dans un foyer dont un de ses parents avait une maladie mentale. Après son discours, des avocats et des parajuristes ont partagé leurs expériences vécues, leurs points de vue et leurs stratégies. Le fait que 4 300 personnes se soient inscrites au sommet inaugural nous a démontré la nécessité de ces conversations pertinentes et percutantes.
 
La maladie mentale est au mieux gênante, au pire dévastatrice. Elle fait partie de la condition humaine et doit être reconnue et abordée de front. Les problèmes de santé mentale ne doivent pas définir une personne ni empêcher un professionnel du droit de mener une carrière fructueuse.

Nous devons accepter et aborder le fait qu’il existe des obstacles pour les avocats et les parajuristes qui cherchent de l’aide pour leur santé mentale. Parmi les obstacles à la divulgation de la vérité sur les problèmes de santé mentale, mentionnons la peur de perdre son emploi, la perte de son statut au travail, le perfectionnisme, les préjugés, les stéréotypes, les réactions négatives des autres, les commérages et le manque de modèles qui ont parlé ouvertement du fait d’être un professionnel du droit ayant une maladie mentale grave3. Il est essentiel que les personnes qui font face à des défis sachent qu’elles ne sont pas seules et qu’un soutien est disponible. En normalisant les expériences de santé mentale des professionnels du droit, nous nous sentirons moins isolés et serons plus susceptibles de demander de l’aide au besoin.

L’avocat plaidant et la santé mentale
George R. Strathy, le juge en chef de l’Ontario a publié un article sur la santé mentale dans les professions. Dans le contexte de la Semaine de la santé mentale, le juge en chef partage ses réflexions dans son article intitulé L’avocat plaidant et la santé mentale dans la Gazette. Il préconise un changement venant d’en haut pour aborder les questions de santé mentale dans les professions juridiques et demande aux leaders des cabinets et du barreau d’envisager quatre stratégies pour le changement.

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Soutiens du Barreau
Le Barreau a récemment lancé le Centre de ressources sur le bienêtre sur LSO.ca pour faire en sorte que les professionnels du droit aient facilement accès à des soutiens et à des ressources en matière de santé mentale. Disponible au LSO.ca/bienetre, le centre de ressources présente de nombreux soutiens pour les avocats, les parajuristes et les étudiants offerts par le Barreau, y compris, le Programme confidentiel d’aide aux membres (PAM) géré par Homewood Santé. En plus du counseling professionnel, de l’encadrement et des ressources en ligne, le PAM offre un programme de soutien par les pairs qui est un moyen efficace de réduire l’isolement auquel sont confrontés les professionnels du droit qui vivent avec des problèmes de santé mentale ou de dépendance. Le programme permet de jumeler un avocat ou un parajuriste à une personne qui a personnellement fait l’expérience d’un trouble pertinent, créant ainsi un lien qui donne de la crédibilité et combat l’isolement et la stigmatisation4.

Le Barreau offre plusieurs soutiens à la pratique pour aider les avocats et les parajuristes à naviguer dans leur carrière. Un formateur du Réseau d’encadrement de la pratique peut vous aider à relever des défis tels que le retour au travail après un congé, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, la gestion du temps, le développement de carrière, le sentiment d’être dépassé, la discussion des problèmes de santé mentale avec un employeur et la gestion du stress lié à la création d’un cabinet.
 
Le Service d’aide à la gestion de la pratique du Barreau peut vous aider à résoudre des problèmes urgents de déontologie ou de gestion de la pratique. Le programme de conseil en matière de discrimination et de harcèlement peut aider les personnes qui ont été témoins ou fait l’objet de discrimination ou de harcèlement fondés sur les droits de la personne de la part d’un avocat, d’un parajuriste ou d’un étudiant membre du Barreau de l’Ontario. Les lignes directrices en matière de gestion personnelle, qui sont également disponibles en ligne, offrent des stratégies pour reconnaitre les sources de stress et les signes de maladie mentale.

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En créant une communauté de soutien, comme nous l’avons vu lors du premier sommet sur la santé mentale des professionnels du droit, et en fournissant des services de santé mentale, il est possible de répondre aux besoins des avocats et des parajuristes, de bien servir les clients et de protéger l’intérêt public. La communauté juridique est bien placée pour faire de grands progrès dans la lutte contre la stigmatisation et l’isolement. Cela commence par la reconnaissance de l’importance de la santé mentale des avocats, des parajuristes et des étudiants.

Références
[1] Une collaboration entre la Fédération, tous les barreaux du Canada, l’Association du Barreau canadien et l’Université de Sherbrooke.
[2] Mental Health Strategy Report to Convocation, 2016, Barreau de l’Ontario ; Déontologie et bien-être : l’impact de l’incidence élevée de la maladie mentale sur la profession, Association du Barreau canadien, 2021, Roza Milani ; Étude des déterminants de la santé psychologique au travail chez les avocats et les avocates du Québec, Barreau du Québec et Université de Sherbrooke ; U.S. National Task Force on Lawyer Well-Being, La voie vers le bien-être des juristes : recommandations pratiques pour un changement positif, 2017 ; International Bar Association Report Mental Wellbeing in the Legal Profession: A Global Study, 2021.
[3] Hypocrite, Heretic or Heroine, Why I believe senior lawyers should disclose their mental illness at work, Beth G. Beattie, 2019 Lexpert.
[4] National Task Force on Lawyer Well-Being: Creating a Movement To Improve Well-Being in the Legal Procession (14 aout 2017) p. 12 citant P.Ws. Corrigan, S. B. Morris, P. J. Michaels, J. D. Rafacz et N. Rusch, Challenging the Public Stigma of Mental Illness: a Meta-Analysis of Outcome Studies, 63 Psychiatric Serv. 963 (2012).

Explication des termes et concepts
Navigating the Licensing Process - FR
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